CHORÉGRAPHIES
Dans l‘œil de l’étincelle, le regard incandescent de la danseuse masquée qui offre aux tourbillons le faisceau aiguisé de ses crimes
Saison mythique aux enfers de la passion quand le corps transfiguré des oiseaux fugitifs brille aux sillons de l’éclat
Les esclaves du rire dessinent le cercle de nos magies, dans le relief ensoleillé des plateaux désertiques
Et toi, sorcière arrogante aux courbes enlacées
Toi, magicienne du vice qui exhibe tes soumissions
Quelle langue désarticulée vas-tu inventer ?
Celle qui flagelle les hallucinations de nos folies, celle qui arrache au temps les tournoiements de l’acier, ou plus violemment encore, celle qui dessille l’ardeur des mutins ?
Brûlure tatouée à l’épaule de nos serments
Qui pourrait emprisonner ta chaleur, étirer le songe aux confins de l’infini, fouetter le rêve pour lui donner la vie ?
Peut-être moi, dans la mappemonde des explorations, sur les chemins escarpés de la limite
Peut-être…
La peur a oscillé sur un vertige, décuplé ses ferveurs adoratrices et écaillé le baiser païen de la colère
Hurler aux louves ou jouer de l’aiguille enflammée, perler l’écume pour savourer l’enchaînement, lisser le gond et dérouter le charme, défier les larmes quand elles naissent de l’essence mordorée
Trophée des exigences, flèche irisée ou brume moelleuse sur les parapets du vide
Viens abreuver la ligne, qu’elle hisse au museau des volcans le réveil lumineux de l’insomnie !
Faut-il tuer les Dieux ? Les inciter à s’entredéchirer ? Ou simplement préférer les ignorer, d’un oubli qui fait siffler la lèvre et rappeler aux captifs de s’évanouir en ironie ?
Anathèmes jetés aux corbeaux, pour que leur bec délivre le venin de nos morsures
Je connais une croix qui glisse en harmonie, un chant qui sinue dans la paume, un sein qui déjoue pour mieux s’élancer dans la nuit des hypothèses lascives
Sous le filet des hameçons, pincer la corde du désir, et nouer en artifices le couperet des incarnations
Une férocité illustrée, un acharnement qui puise la damnation pour lui désigner un port d’attache en nœud gordien
Embraser le vœu, apostropher la rime quand elle rebondit sur l’extase, applaudir des mille mains le sortilège des nudités
Faut-il gommer la parole des minutes, révéler le plaisir de l’inouï, ou laisser la cage ballotter au vent annonciateur ?
Faut-il plier la loi pour lui destiner une raison de ne plus espérer ?
Confions au silence la démesure de nos cris !
Pour qu’ils nous inspirent de nouvelles chorégraphies…
18 mai 2026 - JCD